Aujourd’hui, on se parle d’un classique de la littérature de science-fiction, gagnant du prix Hugo, à la fois mystérieux, haletant et épique.

Titre : Hyperion
Auteur : Dan Simmons
Date de publication : Juin 1989 (1991 pour la première traduction FR)
Genre : Science-Fiction
Éditeur : Bantam Books (EN), Robert Laffont (FR)

Alors que la galaxie est au bord de la guerre, sept pèlerins sont appelés par l’Hégémonie pour rencontrer le Gritche dans les mystérieux Tombeaux du Temps, qui semblent voyager à rebours dans le temps. Tout en suivant leur voyage vers Hyperion, nous découvrons l’histoire de chacun de ces pèlerins, leurs secrets et leurs motivations…

Un livre pour… Les amateurs d’aventures interplanétaires, de références littéraires, de voyages initiatiques et de questionnements sur la nature humaine.

Voyages initiatiques

Premier tome du cycle les Cantos d’Hypérion, Hyperion se concentre sur les sept pèlerins en voyage vers les Tombeaux du Temps. La narration revient dans le passé de chacun des personnages pour comprendre ce qui les amène à venir rencontrer le Gritche.

Chaque récit apporte des éléments d’informations sur la situation actuelle de la galaxie, entre l’Hégémonie de l’Homme d’un côté et les Extros, la principale menace à la paix galactique, de l’autre. Nous découvrons bien d’autres choses encore au fil de l’histoire, toujours à travers les récits du passé. Simmons fait le pari osé de revenir en arrière à chaque chapitre pour narrer chaque aventure personnelle au lieu de se concentrer sur l’action qui se déroule au présent. Ce qui aurait pu s’avérer très ennuyeux mais, au contraire, a créé une immersion dans son univers et un attachement à chacun des personnages pour moi.

Comme l’indique une citation juste avant la première narration du passé, celle du Père Lénar Hoyt, Dan Simmons s’inspire directement du poème les Contes de Canterbury, écrit par Geoffrey Chaucer et publié en 1478. Dans cette collection de vingt-quatre histoires essentiellement écrites en vers, chacun des pèlerins, qui voyagent vers Canterbury, raconte l’histoire personnelle qui l’a mené sur ce chemin de pèlerinage.

Simmons reprend le même principe. Il aurait pu être difficile de se plonger dans une nouvelle histoire avec de nouveaux personnages à chaque chapitre. Mais finalement, chacun des personnages est tellement bien caractérisé que c’est un plaisir de découvrir ainsi leur passé, leurs motivations et leurs secrets. Le tout relié par des passages au présent qui narrent l’avancée de leur pèlerinage et maintiennent une cohésion dans le récit global.

Questions humaines, religieuses et références littéraires

Les contes de Canterbury n’est pas la seule référence littéraire à trouver dans Hyperion. On y retrouve notamment de nombreuses références au poète John Keats, de manières que je vous ne révèlerai pas ici. Et il doit y avoir bien d’autres références dont certaines m’ont sûrement échappées. L’un des personnages, d’ailleurs, est un poète lui-même. Une occasion pour Simmons de montrer son amour de la poésie ? Ou peut-être d’exorciser certaines frustrations liées aux relations entre auteur et éditeur, d’après la représentation qu’il en fait dans le passé du poète…

Au-delà des références littéraires, Dan Simmons aborde, toujours en toile de fond, de nombreux sujets autour de la nature de l’être humain, du sens de la vie, de l’éthique et la morale, la religion et la croyance… Chaque conte explore, à travers les personnages de Hoyt, Kassad, Silénus, Weintraub, Lamia et le Consul, des faiblesses et désirs humains universels, (la foi, l’amour, la transcendance…)

L’avis conte

Hyperion m’a été recommandé à maintes reprises par les amateurs de science-fiction, et à juste titre. Entre un univers futur bien ficelé, des histoires prenantes, des personnages très humains et de belles réflexions sur différents aspects de la nature humaine, le livre mérite bien son statut de classique de la SF.

Pour moi, c’est même le genre de livre qui représente l’une des raisons pour lesquelles j’aime tant la SF : contrairement à ce que l’on peut croire, c’est un genre qui permet de pousser des réflexions philosophiques, théologiques et sociales de manière très ingénieuse. Ce premier livre est suivi par La chute d’Hyperion, qui montre les conséquences de ce pèlerinage, là où ce premier volume se concentre sur les histoires personnelles de chacun des pèlerins. Inutile de vous dire qu’il me démange de continuer à lire la série…

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