Cet article inaugure les réflexions et conseils d’écriture à destination des auteurs et autrices. Pour démarrer la série, commençons par le début : à partir de quand pouvez-vous être considéré(e) comme un auteur ou une autrice? Où commence la légitimité de l’écrivain?

Peut-être vous posez-vous ces questions si vous écrivez des textes de fiction. Voici mon point de vue à la fois de créatrice et de lectrice. En espérant qu’il vous aide dans votre activité d’écriture!

Qu’est-ce qu’un auteur?

La première fois que mon envie d’écrire a refait surface à l’âge adulte, c’était lors d’une interview que je donnais pour mon blog. À la question de mon rêve le plus fou, je répondais que je voudrais voir un de mes romans publié par une maison d’édition. Mais c’était impossible de devenir auteur. Un métier inaccessible, un rêve réservé à celles et ceux qui ont du réseau, des contacts, de la visibilité.

Deux ans plus tard, j’ai un monticule grandissant de lettres de refus, et deux nouvelles à paraître chez Rivière Blanche et Galaxies. Pourquoi? J’ai décidé de me qualifier d’auteur (ou plutôt d’autrice). En conséquence, je me suis retroussé les manches. J’ai compilé les conseils d’écriture, rejoint un forum d’auteurs et envoyé des textes en soumission.

Mais qu’est-ce qu’un auteur exactement ? Devient-on auteur à la première phrase posée sur un carnet ou un traitement de texte ? Au premier texte envoyé en soumission ? Au premier refus ? À la première publication numérique? Papier ?

Quand devient-on auteur?

Pour certaines associations, comme la société des gens de lettres ou la charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, le cap à franchir pour devenir auteur est la publication à compte d’éditeur. Avec un minimum d’exemplaires vendus parfois. C’est une définition claire et simple, adaptée à ce type d’association afin d’en limiter le droit d’entrée.

Mais peut-on se contenter de cette définition? Par exemple, qu’en est-il des auteurs et autrices auto-publié(e)s? Qu’en est-il de toutes celles et ceux qui écrivent avec une véritable démarche de relecture, de corrections et d’envoi à des maisons d’éditions, mais qui n’ont pas encore eu la chance d’être retenu(e)s? Ne sont-ils pas des auteurs, puisqu’ils produisent des textes?

Un auteur écrit

Il n’existe pas de réponse gravée dans le marbre à cette question. Mais voici mon ressenti, basé sur mon expérience personnelle d’autrice, de lectrice et de bêta-lectrice d’auteurs débutants ou expérimentés.

Pour moi, la réponse est assez simple : un auteur est avant tout quelqu’un qui écrit. Est-ce que vous écrivez régulièrement, lisez ce genre d’articles mais aussi des livres ou des vidéos de conseils pour vous améliorer? Vous faites relire vos textes pour les corriger? Vous répondez à des appels à textes, vous préparez des manuscrits pour des maisons d’édition ou pour vous auto-éditer? Alors, pour moi, vous êtes auteur ou autrice.

Bien sûr, un auteur, c’est bien plus que tout cela. Un auteur est aussi (et avant tout) un lecteur. C’est quelqu’un qui s’investit dans son activité d’écriture. Qui ressent l’envie ou le besoin impérieux de coucher toutes ces histoires sur le papier, de les partager. Qui se sent à sa juste place lorsqu’il ou elle écrit. À la maison, comme dirait Elizabeth Gilbert.

Si la question vous intéresse, je vous invite à écouter le tout premier épisode du podcast Hurler Sans Bruit, où il développe très bien la notion d’auteur et le rapport à l’écriture.

Traiter l’écriture comme une carrière

J’ignore si le mot « carrière » est le plus adapté. Échangez-le pour un autre s’il ne vous convient pas : activité, métier, profession, vocation…

Pour moi, il n’y a pas à rougir de se qualifier d’auteur ou d’écrivain. Même si vous n’avez pas encore terminé votre premier roman. Même si vous n’avez pas encore été accepté(e) par une maison d’édition. Au contraire, oser porter le costume de l’auteur ou de l’autrice aide à traiter l’activité avec sérieux, à rester motivé(e) et à persévérer.

C’est une manière de ne pas se sous-estimer et d’assumer le fait d’écrire et de défendre un texte. Que ce soit entre amis, en soumission ou en auto-édition.

Auteur de niveau combien ?

Bien sûr, il est aussi important de prendre conscience de son niveau. Je ne parle pas seulement de l’habileté de la plume, où, même si nous avons tous une courbe d’apprentissage, nombre de critères sont subjectifs. Mais il ne faudrait pas non plus tomber dans le travers inverse de l’auteur qui prend le melon et refuse toute critique sur son texte.

Être auteur, pour moi, c’est traiter l’écriture de manière professionnelle : en défendant son travail la tête haute, mais aussi en acceptant la critique, les pistes d’amélioration et les erreurs.

Aujourd’hui, avec deux publications de nouvelle prévues et un roman en cours d’écriture, je me considère comme une autrice de niveau 1. Je passerai au niveau 2 lorsque les nouvelles seront effectivement publiées. Mais je ne suis ni « aspirante » ni « scribouillarde du dimanche ». Je suis une autrice.

L’importance de l’état d’esprit

Ce ne sont que des mots, me direz-vous. Qu’importe de se considérer auteur professionnel ou écrivain du dimanche, cela ne change pas la qualité du texte!

Je suis d’accord, ce ne sont pas les mots qui comptent. C’est l’état d’esprit. Lorsque vous vous qualifiez d’auteur ou d’autrice, et que vous vous sentez à votre juste place dans ce rôle, c’est toute votre attitude qui change par rapport à l’écriture. Le sérieux, la motivation, la persévérance face à la liste de corrections ou aux refus…

Depuis que j’ai fait tomber mes barrières internes et affirmé mon statut d’autrice il y a deux ans, beaucoup de choses ont changé pour moi. J’ai appris un nombre incalculable de choses, rejoint une communauté d’auteurs, soumis des textes à des maisons d’éditions et vu deux nouvelles acceptées en publication.

L’écriture : ma profession

Maintenant, je vois l’écriture comme une activité professionnelle à part entière, un pan de ma carrière. Grâce à ce changement de perception, je consacre maintenant au moins une heure chaque jour pour écrire, sans compter les heures d’apprentissage, de corrections ou de relecture de textes d’autres auteurs.

Un autre avantage de traiter l’écriture comme une carrière professionnelle, c’est l’assainissement des rapports avec les autres professionnels du métier.

Un éditeur, c’est un professionnel de la chaîne du livre. En l’abordant avec professionnalisme, vous faites preuve de sérieux et de rigueur, ce qui aide à être considéré(e) avec respect. Cela permet de discuter de certains sujets avec plus de recul, comme les termes du contrat d’édition ou de la rémunération. Et cela permet de rester hors du terrain dangereux de l’émotionnel, que ce soit pour essuyer des refus ou critiques, ou dans les tentatives de certains de prendre leurs auteurs par les sentiments.

Et vous, quand devenez-vous auteur ou autrice?

J’espère que cette réflexion autour de la notion d’auteur vous a été utile. Ce ne sont que des concepts, que des mots, mais j’ai pu constater dans mon expérience personnelle à quel point ils peuvent être puissant dans notre esprit. À quel point ils peuvent faire la différence entre un manuscrit oublié, et un manuscrit publié.

À vous de décider si le costume d’auteur ou d’autrice vous convient, et en quoi cela vous aide dans votre créativité et votre motivation. Si vous n’êtes pas encore publié(e), pourquoi ne pas considérer le moment présent comme le tout début de votre carrière d’auteur?

Quand devient-on un auteur?

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