Au centre du processus créatif, on retrouve une idée. Ou plusieurs, souvent. Mais d’où viennent-elles? Et peut-on s’improviser écrivain(e) ou scénariste si on ne tient pas d’abord LA bonne idée?

Je ne sais pas vous, mais il m’est souvent arrivé d’admirer les idées que j’ai pu lire ou voir dans les œuvres culturelles que je consomme. Du sabre laser de Star Wars aux portes interstellaires du fond des océans dans Les océans stellaires, de Loïc Henry, je me demande parfois : mais où sont-ils allés chercher tout ça?

Qu’est-ce qu’une idée?

Dans son livre « Comme par magie », Elizabeth Gilbert a une vision très poétique de l’idée. Elle parle des symptômes de l’inspiration, lorsque l’idée pointe le bout de son nez. Mais elle parle aussi du côté magique des idées, qui existeraient indépendamment de nous, et qu’il faut écouter, et exploiter, avant qu’elles ne se lassent et partent visiter un autre artiste.

Mon esprit rationnel doute de l’existence réelle de ces « idées » virevoltant d’un créatif à l’autre. Mais j’aime la magie qui se dégage de cette vision fantaisiste. Et surtout, je trouve qu’une leçon importante se dégage de la fable d’Elizabeth Gilbert. Il faut prêter attention aux idées qui arrivent. Les laisser se développer en nous. Prendre le temps de les exploiter. Sinon, elles finiront par se dissoudre dans un coin de notre cerveau.

Le premier conseil que j’aurais alors est : restez attentif ou attentive aux étincelles que produisent votre cerveau. Une idée qui jaillit ne sera pas tout de suite un monde complexe et élaboré. Ce n’est peut-être qu’une image, un concept, un personnage. Mais ce n’est qu’en captant cette idée, en la cultivant, qu’elle deviendra, avec le temps, matière à créer une belle histoire.

Comment avoir des idées?

Certain(e)s diront peut-être : je veux bien laisser germer mes idées, mais comment les faire venir en premier lieu?

En 2015, j’ai pris la décision de croire qu’il était possible pour moi de devenir une autrice publiée. À l’époque, le seul texte un peu long que j’avais écrit était un polar whodunit à la britannique. En d’autres termes, un exercice qui reprenait le concept et les idées d’Agatha Christie. Et ma seule idée lorsque j’ai rejoint ma communauté d’auteurs, c’était une exploration de planète avec une IA dedans.

Depuis que j’ai rejoint cette communauté d’auteurs, écrit des nouvelles sous la contrainte d’un thème et développé mon projet, les idées se sont multipliées. Parfois, il suffit d’enclencher le processus créatif pour que les idées commencent à vous venir.

Regardez le monde autour de vous, notez les détails, les conversations qui attirent votre attention, certaines caractéristiques uniques de personnes que vous croisez. Qui sait lequel de ces petits détails deviendra une idée?

Utilisez la contrainte : trouvez-vous un thème (par exemple un appel à textes), et cherchez activement des idées qui rentrent dans le thème.

Inspirez-vous : lisez davantage, regardez des films, des séries, relisez le travail en cours de vos confrères et consœurs… Aucune idée ne naît du vide, il s’agit d’associations d’idées et d’inspirations de ce que vous voyez, écoutez, lisez…

Quelle est l’idée qui va déclencher l’écriture d’un texte ou d’un scénario?

Dans un épisode du podcast Procrastination sur le thème des idées, Mélanie Fazi explique son cheminement. Autrice de nouvelles fantastiques, elle explique que c’est l’assemblage de deux idées qui déclenche l’écriture d’une nouvelle. D’un côté, elle a l’élément surnaturel (propre au genre fantastique). Et de l’autre, elle a une idée de personnage, avec son histoire et ses émotions. C’est l’assemblage des deux qui va créer l’idée de base pour sa nouvelle.

Comme dans cet exemple, c’est souvent un ensemble d’idées, germées séparément, parfois inconsciemment, qui vont se rassembler en concept d’histoire sous l’effet d’un élément déclencheur. Par exemple, une idée qui les relie entre elles.

Parfois, c’est la contrainte d’un appel à textes ou d’une ligne éditoriale de maison d’édition qui va servir de catalyseur pour rassembler les idées. Par exemple, je suis en train de travailler sur un synopsis pour l’éditeur Les Planètes Orphelines. Ce sont leurs contraintes de genre (space opéra d’aventure) qui ont rassemblé des idées que j’avais déjà en tête.

Finalement, il n’existe pas de règles, de recette unique qui va vous apporter LA bonne idée à coup sûr. Pour moi, la meilleure manière d’apprendre à les cultiver, c’est avant tout de vous connaître en tant que personne créative.

Par exemple, mes idées germent souvent à partir de rêves. Donc, lorsque j’ai souvenir d’un rêve marquant au petit matin, je le note dans un carnet d’idées, prêt à se transformer en concept d’histoire.

Ne vous focalisez pas trop sur l’idée

Enfin, un dernier conseil que j’aurais à vous transmettre est de ne pas trop faire une fixette sur LA bonne idée.

Comme l’explique Yves Meynard dans la revue Solaris, beaucoup d’auteurs et autrices débutantes basent leur histoire uniquement sur l’idée qui a fait germer le concept. Mais cela entraîne plusieurs problèmes : déjà, une idée seule ne suffit pas à soutenir tout un texte. Il faut aussi des personnages, une intrigue, un univers, un style… L’idée est un point de démarrage, mais pas la fondation unique d’un texte.

Ensuite, beaucoup de débutant(e)s pensent tenir une idée géniale, là où des lecteurs ou spectatrices chevronnées ont l’ont déjà vue et revue dans d’autres œuvres. Lorsqu’on débute, on a parfois du mal à appréhender à quel point toutes les idées ont déjà été exploitées, d’une manière ou d’une autre, par l’humanité depuis l’aube des temps.

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Alors cultivez vos idées, associez-les, trouvez de jolis concepts pour vos futures histoires. Mais rappelez-vous que l’idée ne fait pas tout. Alors, que vous déteniez LA bonne idée ou pas, continuez à tissez votre histoire !

Tout sur les idées

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2 réponses à “Tout sur les idées (ou presque)”

  1. Coucou !
    Merci pour cette présentation et ces conseils sur l’idée ! De mon côté, j’ai l’impression parfois que ma Muse est monomaniaque car elle m’envoie des idées liées à mon projet principal, mais elle se garde bien de m’expédier 15 idées durant la nuit, m’obligeant à me lever pour tout noter avant de les oublier. Je dois confesser que malgré mes lectures, mon affection pour les films et séries de qualité, mon cerveau semble assez imperméable au bouillonnement créatif. Je ne croule d’ailleurs pas sous les projets de textes en tous genre : 3 seulement, bien rangés en attendant de les mettre sérieusement en oeuvre. Il faut que je me contraigne un jour à utiliser le thème d’un AT pour voir ce que je suis capable d’en sortir. En tous cas, merci pour ton article, toujours passionnant.

    1. Merci Aemarielle pour ce retour détaillé, ça me fait super plaisir! Pour les idées, chacun son fonctionnement : peut-être que ta Muse a besoin de se focaliser sur ton projet en cours avant d’aller papillonner ailleurs ? Après, j’ai remarqué que la contrainte stimule vraiment les idées : un appel à textes, un concours à thème… Peut-être que ce serait intéressant que tu testes voir si ce genre de contraintes stimule tes idées ou pas ? En tout cas, je te souhaite tout le meilleur pour le cycle du Dieu Noir, pour lequel ta Muse ne manque pas d’inspiration d’après ce que j’ai compris 🙂

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